Conseils de classe
Ce que la recherche établit, ce que les projets de l’académie en font, et les ressources pour aller plus loin.
Ce que dit la recherche
Les recherches récentes portent encore peu directement sur les conseils de classe participatifs. Les travaux sur la participation et le pouvoir d’agir des élèves permettent néanmoins de dégager plusieurs constats :
- Une participation réelle, dépassant le simple recueil de la parole, peut renforcer la confiance, l’engagement et l’appropriation du parcours scolaire par l’élève.
- La préparation du conseil favorise la réflexivité : l’élève identifie ses réussites, ses difficultés, ses besoins et formule des objectifs de progressionSaisir un élément (références à citer : articles, ouvrages, rapports…
- Le dispositif fait évoluer la posture de l’enseignant d’une logique de jugement vers une démarche d’accompagnement et de co-construction.Saisir un élément (références à citer : articles, ouvrages, rapports…
- La participation de l’élève et de sa famille peut rendre les appréciations et les décisions d’orientation plus compréhensibles et renforcer le sentiment d’équité.
- Les effets dépendent fortement des conditions de mise en œuvre : préparation des participants, cadre sécurisant, accessibilité des échanges, prise en compte effective de la parole de l’élève et suivi des objectifs formulés.
- Les analyses de Nathalie Carminatti sur les conseils de classe innovants soulignent l’importance de reconnaître l’élève comme un interlocuteur légitime.
- Les travaux de Muller et Perez sur les microviolences et les micro-attentions invitent également à porter une attention particulière aux mots et aux attitudes employés.
- Dans une perspective plus ancienne, Richard Étienne, professeur émérite en sciences de l’éducation, envisage le conseil de classe renouvelé comme un outil de pédagogie coopérative et une « organisation apprenante », favorisant la régulation collective, la coéducation et l’éducation à la citoyenneté.
- Les effets à long terme sur les résultats scolaires, l’orientation ou le climat scolaire restent cependant encore insuffisamment documentés.
Ce que les projets apportent
Les points d’appui et de vigilance sont issus de témoignages recueillis auprès des équipes pédagogiques ayant participé à ces conseils de classe, selon cette nouvelle formule.
Points d’appui
- Permet aux élèves de s’emparer du bulletin, de le comprendre « dans ses petites lignes », de bien saisir la portée des mots complexes et des tournures de phrases qui sont parfois peu accessibles aux familles.
- Quand l’équipe associe les élèves à la préparation, l’adhésion et la qualité des échanges progressent nettement.
- Permet de donner un caractère très interactif au conseil de classe : les parents peuvent participer, écouter la remarque que l’élève a lui-même écrite et peuvent poser immédiatement leurs questions aux enseignants.
- Le conseil de classe permettrait de compléter la rencontre parents-professeurs et, selon l’organisation retenue, permettre d’en réduire la durée ou d’en repenser les modalités.
Dans l’un des projets étudiés, le taux de présence des parents est estimé à 75%, contre 20% avant les conseils de classe participatifs 4ème. - Engagement très fort de l’élève, qui acquiert un rôle central au sein du conseil de classe.
- Dans plusieurs projets, les équipes observent un investissement plus soutenu des élèves durant les premières semaines suivant le conseil, notamment chez certains élèves initialement peu engagés. Cet effet semble toutefois devoir être entretenu dans la durée.
- Les équipes pédagogiques interrogées expriment globalement un avis favorable sur l’intérêt de la démarche.
Points de vigilance
- Sans temps de préparation dédié, le dispositif s’essouffle vite : la charge retombe sur une seule personne.
- Cela oblige les professeurs à rendre plus lisibles et plus compréhensibles leurs propos. Cela amène par ailleurs les professeurs à se questionner sur la formulation des remarques dans les bulletins scolaires.
- Cela double globalement le temps consacré à la préparation des conseils de classe. Ce temps supplémentaire peut néanmoins être compensé si le dispositif permet de réduire la durée de la réunion parents-professeurs, voire de la supprimer.
- Nécessité d’élaborer des outils communs de préparation des conseils de classe.
- Une participation qui ne doit pas rester symbolique : donner la parole aux élèves ne suffit pas ; ceux-ci doivent pouvoir identifier la manière dont leur parole est prise en compte et ce qu’elle peut réellement modifier.
- Des inégalités de participation à anticiper : les élèves les plus à l’aise à l’oral ou les mieux familiarisés avec les attentes scolaires peuvent davantage bénéficier du dispositif. Certains élèves ont besoin d’un étayage, de supports accessibles ou d’autres modalités d’expression.
- Un cadre sécurisant et confidentiel à garantir : la présence de l’élève et de sa famille nécessite d’anticiper les informations qui peuvent être abordées, les formulations utilisées et les conditions permettant à l’élève de s’exprimer sans se sentir exposé ou jugé.
- L’effet observé après le conseil doit être soutenu dans la durée : la formulation d’objectifs ne produit pas automatiquement des changements durables ; elle doit être suivie de points d’étape, de rétroactions et d’un accompagnement régulier.